Le Plan cancer 2003-2007 qui entrait dans la catégorie des « Grands chantiers présidentiels », a bénéficié de moyens substantiels et d’une visibilité importante. Il comprenait 22 objectifs et 70 mesures portant sur la prévention, le dépistage, les soins et la recherche.
Le 12 juin 2008, le Premier Président de la Cour des comptes, M. Philippe Seguin, présentait à la presse le 1er rapport de la juridiction financière sur sa mise en œuvre. D’emblée, il rappelait que la « méthode s’avérait innovante » notamment avec la création d’un institut spécialisé aux compétences élargies : l’Institut National du Cancer (INCa).
Le Plan cancer a permis, selon la cour, de nombreuses avancées. Ainsi, en matière de prévention, s’agissant en particulier de la prévention du tabagisme, des « progrès marquants » ont été réalisés. De même, en matière de dépistage, notamment celui du cancer du sein, des « progrès réels » ont été constatés même s’ils sont jugés inégaux. Concernant la prise en charge des malades et de la qualité, le rapport relève particulièrement une mesure : celle visant à renforcer les réseaux coordonnant les acteurs de soins, généralisés fin 2007.
Toutefois, le rapport souligne certaines lacunes et insuffisances. Ainsi, plus de cinq ans se sont écoulés entre le lancement du plan et la prochaine publication (attendue ce printemps) des critères d’agrément des établissements pour la chirurgie cancérologue, la radiothérapie et la chimiothérapie. De même, les magistrats constatent le retard pris en matière d’augmentation des appareils de diagnostic et de suivi des cancers ainsi que les retards « importants » dans la production de données épidémiologiques satisfaisantes. Enfin, M. Seguin note « des carences préoccupantes en matière de lutte contre l’alcoolisme » et les difficultés persistantes en matière de prévention des risques de cancers professionnels.
Au final, « malgré les retards et les limites (…) le Plan cancer a offert un cadre cohérent et joué un rôle de catalysateur » concluait le Premier président.
Le contrôle de la Cour des comptes, achevé en fin d’année 2007, a eu rapidement des suites, comme l’a remarqué son Premier Président : le 8 juin, l’INCa publiait en effet son premier bilan détaillé. Ce rapport d'activité met en lumière l'organisation et le positionnement de l'INCa et fait le point sur les actions de l'Institut dans ses différents champs de compétences, spécifiquement en matière de santé publique, qualité des soins, recherche et information.
Dernière mise à jour : 16-06-2008