Guérir d’une leucémie myéloïde chronique ? Il est encore trop tôt pour affirmer que c’est réellement possible, mais une étude française suggère que certains patients pourraient arrêter leur traitement sans rechuter.
La leucémie myéloïde chronique (LMC) est le premier cancer qui a bénéficié d’une thérapie ciblée : avec la découverte de l’imatinib, ce cancer du sang au pronostic autrefois très sombre est en effet devenu une maladie chronique avec laquelle il est possible de vivre de très nombreuses années. Toutefois, aussi efficace soit-il, l’imatinib doit théoriquement être pris à vie par les patients atteints de LMC.
L’étude française s’est intéressée à une sous-population de patients qui répondent particulièrement bien au traitement : la quantité de cellules cancéreuses retrouvées dans leur sang est particulièrement faible, à peine détectable. On parle de « rémission moléculaire complète ». Les chercheurs ont proposé à une centaine de patients dans cette situation depuis au moins deux ans d’arrêter leur traitement. Cet arrêt du traitement s’est évidemment accompagné d’un protocole de suivi renforcé, visant à repérer au plus vite une amorce de rechute.
Au bout d’un an, 41 % des patients de l’étude étaient toujours en rémission moléculaire complète. Si ce délai est trop court pour qu’on puisse parler de guérison, la nouvelle est très encourageante.
Par ailleurs, tous les patients qui ont rechuté au cours de l’essai ont bien répondu à la reprise du traitement. Aucun phénomène de résistance au médicament n’a été observé. Sous condition d’un suivi rapproché adapté, tenter un arrêt du traitement ne constitue donc pas un pari trop risqué.
Les chercheurs insistent sur le fait que cette démarche doit être réservée aux patients en rémission moléculaire complète longue et que leur suivi devra durer le plus longtemps possible.
« The Lancet Oncology »
Pour en savoir plus sur la leucémie myéloïde chronique
Photo : cellules sanguines d'un patient atteint d'une leucémie myéloïde chronique (DR)
Dernière mise à jour : 19-11-2010