La plupart des cancers du sein naissent à partir de cellules bordant les canaux qui amènent le lait produit par les glandes mammaires jusqu’au mamelon (canaux galactophores). Partant de cette donnée, des chercheurs américains ont imaginé que l’administration de médicaments anticancéreux directement dans ces canaux, via le mamelon, pourrait s’avérer extrêmement efficace dans la prise en charge des lésions du sein précancéreuses ou déjà cancéreuses mais de stade très précoce.
Un essai clinique de phase 1 vient aujourd’hui confirmer cette hypothèse : lorsque les médicaments sont injectés directement dans les canaux galactophores à l’aide d’un petit cathéter placé dans le mamelon (administration intraductale), leur concentration est maximale dans le tissu mammaire mais quasi nulle dans le reste de l’organisme des patientes. Si les mêmes médicaments sont administrés classiquement, par voie intraveineuse, leur concentration est à l’inverse très importante dans le sang des patientes et minime au niveau des lésions à traiter.
Ainsi, les résultats de cet essai préliminaire suggèrent que, dans le traitement des lésions mammaires débutantes encore très localisées, l’administration intraductale pourrait être plus efficace (davantage de médicament au niveau de la lésion) et moins toxique pour l’organisme (moins de médicament ailleurs) que l’administration par voie intraveineuse.
Si ces résultats sont confirmés par de nouvelles études, cette approche pourrait non seulement permettre d’améliorer la prise en charge des patientes présentant des lésions du sein de stade précoce, mais aussi aider à prévenir le développement de tumeur chez les patientes à très haut risque.
Stearns et coll., “Science Translational Medicine” du 26 octobre 2011
En savoir plus sur le cancer du sein
Dernière mise à jour : 16-11-2011