Une molécule absente de la plupart des tissus sains de l’organisme humain semble présente dans au moins onze types de tumeurs cancéreuses. Réalisée par des chercheurs français, cette découverte est extrêmement prometteuse car elle laisse espérer qu’il sera possible de l’utiliser pour détecter plus facilement les cancers, dès leur stade précoce. Cette molécule pourrait en outre devenir la cible de traitements antitumoraux.
La molécule dont il est question est le récepteur d’une hormone nommée FSH. Ce récepteur est présent à la surface de certaines cellules des organes de la reproduction et des vaisseaux sanguins qui irriguent les ovaires et les testicules. Il apparaît qu’elle est en outre présente, et en plus grande quantité, à la surface des cellules des vaisseaux sanguins qui irriguent de très nombreuses tumeurs cancéreuses.
Nicolae Ghinea et ses collaborateurs de l’Inserm ont détecté ce récepteur dans des échantillons de tumeurs de la prostate, du sein, du côlon, du pancréas, de la vessie, du rein, du poumon, du foie, de l’estomac, du testicule et de l’ovaire.
Les chercheurs travaillent maintenant au développement d’une méthode permettant d’utiliser ce récepteur pour détecter les tumeurs par imagerie médicale. L’idée est d’injecter aux patients un composé capable de se fixer au récepteur et facilement visible grâce aux techniques d’imageries médicales existantes.
A plus long terme, les chercheurs imaginent qu’il pourrait être possible de développer des médicaments anticancéreux qui agiraient en ciblant le récepteur à la FSH. De tels médicaments auraient la particularité d’agir sur un très grand nombre de cancers. Toutefois, de longues années d’étude seront nécessaires pour parvenir à un tel objectif.
« The New England Journal of Medicine »
Crédit photo : Noak/Le bar floréal/ARC
Dernière mise à jour : 02-11-2010