A chaque bouffée tirée sur sa cigarette, le fumeur inhale une forte dose de dioxyde de carbone (CO2). Une étude française, dirigée par le Dr Laurent Schwartz (Hôpital Pitié Salpétrière, Paris) suggère que ce gaz jouerait un rôle important dans l’effet cancérigène du tabac.
La fumée de tabac contient de 5 000 à 10 000 molécules différentes. S’il est établi que 95% des cancers du poumon sont liés au tabagisme, l’identité précise des molécules impliquées dans l’effet cancérigène du tabac reste toujours à découvrir. Certes, les goudrons ont longtemps été montrés du doigt. Cependant, la diminution de deux tiers de la teneur en goudron des cigarettes n’a pas été associée à une baisse de la mortalité par cancer du poumon. D’autres composants toxiques de la fumée doivent donc participer au développement des cancers.
Le Dr Schwartz et ses collaborateurs ont décidé d’explorer la piste du CO2. Fumer une cigarette expose à une concentration de CO2 400 fois plus importante que celle mesurée dans l’air ambiant. Ce gaz étant connu pour sa toxicité, les chercheurs ont fait l’hypothèse qu’il devait jouer un rôle dans l’effet nocif du tabagisme.
L’équipe scientifique a démontré que l’inhalation d’un air anormalement chargé en CO2 provoque une inflammation des poumons. Or une inflammation chronique est désormais reconnue comme étant un facteur qui favorise le développement d’un cancer. Ainsi, le CO2 de la fumée de cigarette, mais aussi celui des centrales thermiques à charbon, pourrait bien faire le lit du cancer du poumon.
De plus, le CO2 inhalé pouvant se diffuser dans l’organisme, le gaz pourrait expliquer comment le tabagisme augmente le risque de très nombreux cancers.
Abolhassani et coll., “ Am J Physiol Lung Cell Mol Physiol ”. Article accessible en ligne sur http://ajplung.physiology.org (en anglais, payant).
Une étude conduite par des chercheurs américains et irlandais suggère que le nombre de cas de cancer associé au tabagisme serait deux fois plus important qu’on l’imaginait jusqu’ici. L’impact de la fumée de tabac sur le développement des cancers non pulmonaires aurait été très sous-estimé. Selon cette étude, plus de 70 % des cancers diagnostiqués entre 1979 et 2003 à des hommes résidents dans le Massachussetts sont liés au tabagisme actif ou passif. Leistikow et coll., « BMC Cancer ». Article accessible en ligne sur www.biomedcentral.com/bmccancer/ (en anglais)
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Dernière mise à jour : 06-02-2009