Pourquoi certaines tumeurs stromales gastro-intestinales (GIST) sont-elles résistantes à l’imatinib, le traitement de référence de ces cancers ? Le professeur Laurence Zitvogel et son équipe (unité Inserm 1015, Institut Gustave Roussy) ont découvert un marqueur pronostique responsable d’une moindre réponse à ce traitement. Il s’agit d’une forme du récepteur NKp30, présent à la surface d’un type de cellules immunitaires appelées natural killers.
L’équipe a mis en évidence que le récepteur NKp30 peut prendre différentes formes chez les patients. Chez ceux résistants au traitement par l’imatinib, c’est la forme NKp30c qui est majoritairement retrouvée. Cette résistance est inexistante chez les porteurs des deux autres formes du récepteur, NKp30a et NKp30b. Contrairement à ces deux formes, le récepteur NKp30c ne permet pas l’activation d’une voie de défense immunitaire contre la tumeur ce qui expliquerait au moins en partie la résistance à l’imatinib. En effet, la présence de la forme NKp30c est liée à la sécrétion d’une protéine, l’interleukine-10, qui éteint les réponses immunitaires contre la tumeur.
Outre le fait d’avoir mis en évidence un marqueur prédictif de la réponse à l’imatinib dans les GIST, les chercheurs soulignent que cette découverte permettrait d’améliorer le traitement des patients. Il semblerait en effet envisageable de restaurer la réponse immunitaire en bloquant l’interleukine-10 à l’aide d’anticorps spécifiques.
Au cours des dix dernières années, l’ARC a soutenu les travaux de l’équipe du Pr Zitvogel sur le rôle de différentes cellules immunitaires dans la réponse immunitaire anti-tumorale, pour un montant global d’un peu plus de 243 000 euros.
Nicolas Delahaye et al., Nature medecine, édition en ligne du 8 mai 2011
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Dernière mise à jour : 07-06-2011