Présenté le 28 novembre 2008, un module multimédia de formation pour les 40 300 chirurgiens-dentistes de France est destiné à favoriser la détection précoce des cancers de la cavité buccale.
Les cancers de la cavité buccale sont classés parmi les cancers de la région lèvre-bouche-pharynx. Avec les cancers du larynx, ils forment le groupe des cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS). En 2005, on estimait à 6 600 par an le nombre de nouveaux cas de cancers de la cavité buccale en France, en majorité des hommes (75% des nouveaux cas). La même année, on enregistrait plus de 1 500 décès soit presque autant que pour le mélanome ou le cancer du col de l’utérus.
Ces dernières années, comme l’ensemble des cancers, ceux de la cavité buccale ont connu une baisse importante, qu’il s’agisse du nombre de nouveaux cas (l’incidence) ou de la mortalité. Si ce tableau général dégage une tendance plutôt favorable, il peut masquer une réalité plus contrastée. D’une part, du point de vue des facteurs de risque : la baisse de la consommation d’alcool a permis une diminution conjointe de la mortalité et de l’incidence chez l’homme. Mais chez la femme, l’augmentation de la consommation de tabac est directement responsable de la croissance du nombre de nouveaux cas. D’autre part, face à ce cancer, nous ne sommes pas égaux : « ces cancers détiennent le triste record des plus fortes inégalités sociales parmi tous les types de cancer… A titre d’exemple, un homme sans diplôme est trois fois plus touché (…) qu’un homme diplômé » selon l’INCa qui s’appuie sur les données publiées par l’InVS en septembre 2008 (dossier de presse, p. 8). En ce qui concerne l’évolution de ces cancers chez les personnes atteintes, l’Institut rappelle que « les cancers de la cavité buccale sont parmi les seuls au monde, qui n’ont pas connu d’augmentation du taux de survie depuis 30 ans » (p. 6). Un pronostic défavorable qui est étroitement lié au stade de développement au moment du diagnostic : 70% des cancers de la cavité buccale sont diagnostiqués à un stade avancé.
« La priorité est aujourd’hui de diagnostiquer ces cancers plus tôt, afin d’offrir une plus haute probabilité de guérison » affirme l’INCa qui rappelle également que la détection précoce de ces cancers est un des axes prioritaires du plan ministériel de prévention bucco-dentaire de 2005 (p. 7 et 12). La création de cet outil de formation en représente le premier volet.
Il doit permettre de sensibiliser les chirurgiens-dentistes à la détection de ces cancers et leur apporter les connaissances et conseils nécessaires. Les consultations bucco-dentaires sont un moment privilégié pour faire l’examen visuel adapté à la recherche de lésions précancéreuses ou cancéreuses. Or dans une enquête réalisée par l’INCa en 2006, « seuls 22% d’entre eux déclaraient avoir suivi une formation en cancérologie buccale » (p. 13). Former pour détecter au plus tôt et augmenter l’espérance de vie : en 2000, une étude américaine a montré qu’avec la mise en place d’un programme spécifique, le taux de survie à 5 ans pouvait atteindre 80% contre 52% auparavant.
Pour plus d’informations : www.e-cancer.fr
Sources :
Crédit photo : Carmen Martínez Banús/iStockPhoto
Dernière mise à jour : 02-12-2008