Ils infectent les cellules cancéreuses mais pas les autres cellules de l’organisme, ils s’y multiplient et peuvent même conduire à leur destruction : les virus dits « oncolytiques » pourraient devenir des armes majeures dans la lutte contre le cancer.
Depuis plusieurs années, de nombreuses équipes de chercheurs s’intéressent au potentiel thérapeutique de ces virus. Toutefois, l’ensemble des travaux jusqu’ici menés a toujours été conduit dans des modèles expérimentaux précliniques.
Aujourd’hui, pour la première fois, une étude clinique a été menée chez des patients. Cette étude préliminaire (phase I) n’avait pas pour objectif de traiter les malades qui y ont participé, mais de s’assurer que les virus administrés vont bien infecter les cellules tumorales et uniquement celles-ci, sans causer d’effets secondaires notables.
Le virus utilisé dérive du virus de la variole, génétiquement modifié pour exprimer un marqueur permettant de tracer facilement sa présence dans l’organisme de patients. Il a été administré à différentes doses, à 23 patients atteints de cancers de stade très avancé, ne répondant pas aux traitements standards disponibles.
Dix jours plus tard, le virus a été détecté dans les tumeurs de la quasi-totalité des patients ayant reçu les plus fortes doses de traitement. Il était en revanche absent des cellules du reste de leur organisme. Si certains patients ont présenté des symptômes grippaux modérés juste après son administration, le traitement ne semble pas induire d’effets secondaires majeurs.
L’ensemble de ces données est très favorable à la poursuite de travaux visant à utiliser les virus oncolytiques dans le traitement des cancers.
C. Breitbach et coll. « Nature », édition en ligne avancée du 1er septembre 2011
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Dernière mise à jour : 20-09-2011