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Cancers professionnels : la prévention doit encore progresser

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La prévention des cancers professionnels progresse, mais les inégalités persistent, au détriment des ouvriers et des salariés des petites entreprises.

« On estime qu’entre 2,5 et 6 % des cancers auraient une origine professionnelle, soit entre 4 000 et 9 000 cas par an » a rappelé Xavier Darcos, ministre du Travail, lors d’un colloque sur les cancers professionnels organisé par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) du 18 au 20 novembre 2009. De son côté, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) évalue entre 4 et 8,5 % la part de cancers d’origine professionnelle. En 2005, l’enquête Sumer a déterminé que 13,5 % des salariés interrogés étaient exposés à des substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR), soit 2,4 millions de personnes. L’industrie du bois, l’automobile, la métallurgie ou le BTP sont parmi les filières les plus exposées. Mais « aucun secteur n’est épargné » a rappelé le directeur général de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), Stéphane Pimbert.

Les cancers professionels les plus fréquents sont ceux du poumon (2 500 à 5.000 cas par an, surtout à cause de l’amiante), de la vessie (700 à 800 cas par an, liés au goudron, peinture, trichloroéthylène, etc.), des fosses nasales (poussières de bois), et du rein.

Le scandale de l’amiante a été « un détonateur » qui a « interrogé la responsabilité de chacun » a ajouté Nicolas Sandret, médecin inspecteur du travail. Les employeurs ont désormais une « obligation de résultat », ils sont tenus de mettre en œuvre une évaluation des risques, des mesures de prévention et la substitution des produits dangereux. Et si les grandes entreprises ont fait des « progrès conséquents » a noté Michel Héry (INRS), les petites entreprises (PME et TPE), souvent par manque de moyens techniques et financiers, restent à la traîne. « Les activités connexes à la production, comme la maintenance ou le nettoyage », fréquemment sous-traitées, restent également très exposées, ajoute-t-il.

Les inégalités sont aussi sociales, remarque Isabelle Tordjman, de l’Institut national du cancer : « Il apparaît que les populations les moins favorisées sont globalement les plus exposées aux risques cancérogènes ». Ainsi, parmi les 2,4 millions de travailleurs exposés, « 70 % sont des ouvriers », et ils « meurent trois fois plus du cancer du poumon que les cadres ».

Avec AFP

L’ARC et la recherche sur les cancers professionnels - Depuis dix ans, l’ARC a financé 44 projets de recherche sur les cancers professionnels, pour un montant global de 3 443 557 euros.

Crédit photo : iStockPhoto

Dernière mise à jour : 24-11-2009

 

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