Les parents ne savaient pas s’il s’agirait d’une petite fille ou d’un garçon. Ils voulaient se ménager une surprise. En revanche, une chose était certaine depuis le début de la grossesse : leur bébé ne serait pas porteur de la version mutée du gène BRCA1, une particularité génétique qui augmente de 50 à 80% le risque d’un type de cancer du sein particulièrement agressif.
L’enfant est né début janvier. C’est une petite fille, la première petite fille britannique issue d’un embryon sélectionné pour ne pas porter un gène qui l’expose à un risque accru de cancer. Ses parents ont décidé de recourir à cette procédure parce que la grand-mère, la mère et la sœur du papa, toutes porteuses du gène en question, ont développé un cancer du sein.
« Le but n’est pas seulement de faire en sorte que l’enfant n’ait pas le gène, mais d’interrompre sa transmission de génération en génération » a expliqué Paul Serhal, spécialiste de la fertilité à l’University College Hospital de Londres.
Des diagnostics préimplantatoires (DPI) visant à sélectionner des embryons exempts de facteurs de risque génétique de cancer ont déjà été réalisés aux Etats-Unis et en Belgique. La procédure est en revanche interdite en Allemagne, en Autriche, en Italie ou en Suisse.
En France, la loi de bioéthique de 2004 ne s’y oppose pas. « Ce cas serait tout à fait traité » a déclaré à l’AFP François Thépot, directeur médical de l’Agence de la Biomédecine. Les DPI ne sont pas autorisés pour « les formes héréditaires de cancer à évolution tardive », mais le législateur prévoit une exception pour « rares situations familiales où les tumeurs sont particulièrement évolutives et les décès particulièrement nombreux et précoces ». Un DPI peut-être réalisé « à partir du moment où un centre pluridisciplinaire juge que la maladie est grave et familiale » a ajouté François Thépot.
Crédit photo : Michael Blackburn / iStockPhoto. Le modèle présent sur la photo n’est pas concerné par le sujet.
Dernière mise à jour : 16-01-2009