Des travaux américains ouvrent de nouvelles perspectives concernant la prise en charge des cancers du sein triple-négatifs, ces tumeurs mammaires qui sont insensibles aux principaux traitements actuellement disponibles. Des chercheurs de l’université Vanderbilt (Nashville) ont en effet montré qu’elles peuvent être classées en six groupes distincts. Cinq d’entre eux semblent être sensibles à des médicaments existants. Les cancers du sein triple-négatifs sont ainsi nommés car ils sont constitués de cellules sur lesquelles on ne retrouve aucune des trois cibles des traitements actuellement les plus efficaces pour lutter contre la maladie. Ces cibles sont les récepteurs aux œstrogènes, à la progestérone et le récepteur HER2. En conséquence, ces cancers qui représentent environ 20 % de l’ensemble des cancers du sein sont d’assez mauvais pronostic. Jennifer Pietenpol et ses collaborateurs ont étudié les données génétiques relatives à près de 600 échantillons de tumeurs triple-négatives. Cette analyse les a conduits à identifier six sous-groupes de tumeurs, présentant chacun des caractéristiques moléculaires différentes. Les chercheurs ont ensuite testé la sensibilité de ces sous-groupes à plusieurs molécules antitumorales, in vitro et in vivo dans des modèles expérimentaux précliniques. Ils ont ainsi pu mettre en évidence des traitements permettant de s’attaquer à cinq des six types de tumeurs triple-négatives. Reste à savoir si ces traitements seront efficaces en clinique. Reste également à découvrir un traitement efficace pour la prise en charge du sixième sous-groupe de tumeurs.
E. B. Pour en savoir plus sur les cancers du sein
B. Lehmann et coll., « Journal of Clinical Investigation » du 1er juin 2011
Dernière mise à jour : 11-07-2011