Une étude européenne coordonnée par des chercheurs de l’Inserm a démontré qu’il est possible de diminuer les effets secondaires de certaines chimiothérapies en choisissant l’heure à laquelle on traite les patients. Cette stratégie porte le nom de chronothérapie.
Les chercheurs ont étudié deux molécules : l’irinotécan, qui est utilisé pour traiter certains cancers colorectaux, et le seliclib, une molécule antitumorale en cours de développement. Les bénéfices apportés par ces deux médicaments s’accompagnent malheureusement de diarrhées sévères (chez 30 % des patients), d’une diminution du nombre de globules blancs circulants dans le sang (chez près de 50 % des patients) et d’une fatigue générale importante.
Dans un modèle préclinique, il est apparu que la toxicité associée à ces molécules varie du simple au triple en fonction de l’heure à laquelle on les administre. Ainsi, le meilleur moment pour administrer de l’irinotécan est l’aube (5 heure du matin), alors qu’il vaut mieux injecter le seliclib au début de la nuit.
Dans l’unité Chronothérapie dirigée par Francis Levi à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif, les résultats de ces travaux sont déjà mis en pratique : les patients sont équipés de pompes programme qui permettent de leur délivrer leurs médicaments au meilleur moment de la journée. Ce moment dépend non seulement des médicaments, mais aussi d’autres caractéristiques individuelles qui déterminent le « profil chronobiologique » de chaque patient.
Ces travaux sont soutenus par l’ARC. L’association a en effet versé 63 388 euros à Francis Levi et son équipe, pour l’achat d’un équipement sophistiqué, nécessaire à la détermination du profil chronobiologique des patients.
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Dernière mise à jour : 07-01-2010