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Cancer du sein : observation des pratiques de dépistage

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Une enquête examine les recours aux dépistages organisé et individuel du cancer du sein à Paris.

Le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire a publié dans son édition du 7 octobre 2008, les résultats de l’enquête OSAPIENS (Observatoire de la santé des parisiens) au cours de laquelle 442 femmes ont été interrogées sur leurs recours à la mammographie. Cette recherche permet de mieux préciser les déterminants qui conduisent à privilégier le dépistage organisé ou le dépistage individuel.

Principal enseignement : le taux de participation au dépistage organisé du cancer du sein est nettement inférieur à Paris par rapport à la moyenne nationale (moins de 27% contre 47%). Le dépistage individuel prédomine. Pourquoi ? Plusieurs hypothèses sont avancées par les auteurs : une offre de dépistage fortement développée dans la capitale avant même la mise en place du programme et une forte densité médicale en particulier celle des gynécologues. Sur ce dernier point, les auteurs rappellent l’influence du suivi gynécologique dans le recours à la mammographie. En clair, plus le suivi est régulier, plus le recours au dépistage est grand et plus il se fera dans un cadre individuel. A ce titre, d’autres facteurs socio-économiques interviennent pour renforcer ces écarts de pratique. Un niveau d’étude élevé, l’appartenance à un milieu social favorisé, sont autant d’éléments entrant en jeu dans l’accès aux soins, le suivi régulier et le recours au dépistage individuel. Ce qui laisse alors supposer des écarts d’ordre socio-économique dans le recours à une forme de dépistage préférentiellement à une autre.

Au-delà des disparités entre Paris et la Province, l’enquête fournit des informations sur les motivations individuelles qui vont favoriser le recours à tel ou tel type de dépistage. Par exemple, les campagnes d’information nationales et la présence d’un cancer chez un proche sont deux des principaux déterminants du recours au dépistage organisé. Idem pour la présence d’un symptôme.

A ces profils s’ajoute un autre élément : le tabac. Le tabagisme reste un frein dans la diffusion de comportements positifs face à la santé. Sans surprise, c’est un déterminant d’un moindre recours au dépistage et particulièrement du dépistage organisé.

Ces données, cohérentes avec les connaissances actuelles, doivent contribuer à améliorer le recours au dépistage organisé. Il faut rappeler que pour être efficace, ce programme implique un taux de participation supérieur à 70% voir 80%. Même si la participation est en hausse, entre 2005 et 2006, moins de la moitié des femmes de 50 à 74 ans y ont participé.

« Pratiques du dépistage du cancer du sein à Paris : résultats de l’enquête Osapiens 2006 », Juliette Gueguen, Emmanuelle Cadot et Alfred Spira, BEH 37, 7 octobre 2008.

Crédit photo : Istockphoto

 

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