Si la prise en charge des cancers du sein diagnostiqués à un stade précoce conduit aujourd’hui à de très bons résultats en termes de guérison, la médecine reste encore trop souvent désemparée face aux métastases qui peuvent se former aux stades plus avancés de la maladie. Les travaux d’une équipe de chercheurs du laboratoire d’oncogénétique de l’Institut Curie (Saint-Cloud) pourraient toutefois conduire à une avancée dans ce domaine.
Rosette Lidereau et ses collaborateurs ont en effet découvert un marqueur biologique associé à un risque important de métastases pulmonaires chez les patientes atteintes d’un cancer du sein. Ce marqueur correspond au niveau d’activité d’un gène nommé Kindlin-1 : lorsque ce gène est anormalement actif, le risque de métastases est multiplié par 2,55.
En mesurant le niveau d’activité du gène chez les patientes traitées pour un cancer du sein, il semble donc possible d’identifier celles présentant un risque de développer des métastases pulmonaires (ou au moins une partie d’entre elles). Ces patientes bénéficieraient d’une prise en charge particulière, visant à réduire leur risque de rechute ou à la détecter le plus précocement possible.
Mais cela n’est pas tout : des expériences conduites dans des modèles expérimentaux de la maladie indiquent que Kindlin-1 pourrait aussi constituer une nouvelle cible thérapeutique. En bloquant l’activité du gène, les chercheurs ont en effet obtenu une inhibition de la croissance tumorale et du développement de métastases pulmonaires.
Le résultat ouvre la voie vers la mise au point d’une thérapie ciblée « anti-métastases ». De longues années de travail seront toutefois nécessaires pour y parvenir.
L’ARC a soutenu cette avancée au travers du financement de la 3ème année de thèse de Soraya Sin, principale auteure de ces travaux.
S. Sin et coll., « JNCI », vol 113, pp. 1-15
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Dernière mise à jour : 09-09-2011