Attendre et prendre le risque de laisser la maladie progresser ou agir tout de suite au risque de mettre en danger leur bébé ? Lorsque l’annonce du diagnostic d’un cancer du sein survient au cours d’une grossesse, cette question rend la décision encore plus difficile.
Une étude conduite à l’université de Frankfort vient cependant apporter un élément qui pourrait faciliter la résolution de ce dilemme : les travaux du Dr Sibylle Loibl et ses collaborateurs indiquent en effet qu’une chimiothérapie débutée au cours de la grossesse n’entraîne pas de « problème significatif pour le bébé, à sa naissance ou après ».
Cette conclusion se fonde sur les données relatives à 151 patientes qui ont appris qu’elles étaient atteintes d’un cancer du sein au cours de leur grossesse. Parmi elles, 91 ont démarré une chimiothérapie avant d’accoucher.
Les 151 enfants sont nés. Certes, les médecins ont compté un peu plus de problèmes de santé chez ceux dont la maman avait démarré une chimiothérapie que chez les autres. Toutefois, « la plupart des problèmes décrits chez les bébés exposés à la chimiothérapie n’était pas liée au traitement, mais probablement à d’autres événements. […] Ainsi, cette étude suggère que les patientes enceintes atteintes d’un cancer du sein peuvent être traitées selon un protocole aussi proche que possible du protocole standard et, si c’est nécessaire, recevoir une chimiothérapie alors qu’elles sont encore enceinte » conclut l’équipe allemande.
Résultats présentés lors de l’European Breast Cancer Conference (EBCC7), Barcelone, le 26 mars 2010
Dernière mise à jour : 09-04-2010