En associant physiquement deux molécules antitumorales, des chercheurs ont réussi à en créer une nouvelle qui pourrait améliorer significativement la prise en charge des patientes atteintes d’un cancer du sein dits « HER2 positifs».
Les cancers du sein HER2 positifs sont composés de cellules qui surexpriment le biomarqueur HER2. Ils représentent entre 20 et 30 % de l’ensemble des cancers mammaires. Les patientes porteuses de ce type de tumeurs peuvent bénéficier d’un traitement ciblé, se fondant sur l’administration d’un médicament qui reconnaît le biomarqueur HER2 et bloque son activité. Ce médicament est le trastuzumab. Il est administré en même temps qu’une chimiothérapie classique dont il permet d’augmenter notablement l’efficacité. Toutefois, ce protocole n’est pas dénué d’effets secondaires : la chimiothérapie va en effet s’attaquer indifféremment aux cellules tumorales et à certaines cellules saines.
Une équipe de chercheurs a imaginé une nouvelle stratégie pour améliorer ce point : relier physiquement le trastuzumab qui ne reconnaît que les cellules malades et une molécule de chimiothérapie capable de les détruire. Ainsi, la chimiothérapie est guidée vers les cellules tumorales et épargne davantage les cellules saines.
Ce nouveau médicament a été synthétisé et testé chez des patientes atteintes de cancers du sein HER2 positifs de stade avancé, avec des métastases. L’essai a montré que la molécule bipartite est aussi efficace que le traitement classique. Toutefois, il est beaucoup mieux toléré : son administration est associée à un taux d’effets secondaires de 37 %, alors que ce taux monte à 75 % avec le protocole traditionnel.
Ce résultat est très encourageant, mais d’autres essais devront être conduits avant que ce nouveau médicament puisse entrer dans la pratique clinique courante.
Résultats présentés lors du 35ème congrès de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO)
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Dernière mise à jour : 27-10-2010