Dans plus de huit cas sur dix, les cancers du poumon sont liés au tabagisme. Mais alors, comment expliquer que cette maladie survienne parfois aussi chez des personnes qui n’ont jamais fumé et qui n’ont pas été en contact avec la fumée des autres ?
Une équipe de chercheurs américains apporte aujourd’hui un début de réponse à cette question : le Dr Wu et ses collaborateurs ont mis en évidence des particularités génétiques qui semblent associées à une augmentation du risque de cancer du poumon chez les non-fumeurs.
Les chercheurs sont parvenus à ce résultat en analysant le patrimoine génétique de centaines de patients souffrant d’un cancer pulmonaire alors qu’ils ont fumé moins de 100 cigarettes au cours de leur vie. Ces données ont été comparées à celles relatives à un nombre équivalent de non-fumeurs en bonne santé.
Ce travail titanesque a permis la découverte de deux mutations génétiques significativement plus fréquentes dans le groupe des non-fumeurs malades. Ces mutations affectent un gène nommé GPC5. Elles conduisent à une diminution de l’activité de ce gène et semblent ainsi accroître la susceptibilité au cancer pulmonaire de plus de 50 %.
Ce résultat scientifique devra évidemment être validé sur d’autres groupes de patients. Mais si la découverte du Dr Wu et son équipe est confirmée, il est possible d’imaginer que le gène GPC5 devienne une nouvelle cible pour le traitement des cancers pulmonaires des non-fumeurs. De plus, des tests génétiques visant à rechercher les mutations de ce gène pourraient être développés. De tels tests permettraient l’identification des patients à risque, nécessitant un suivi rapproché.
« The Lancet Oncology », publication en ligne du 22 mars 2010
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Dernière mise à jour : 29-03-2010