Elle se nomme Bacteroides fragilis et elle est bien connue pour sa capacité à provoquer des diarrhées aigües chez certains des humains qu’elle infecte. Aujourd’hui, une étude américaine révèle que cette bactérie pourrait en outre être à l’origine de certains cancers de l’intestin : les infections asymptomatiques à Bacteroides fragilis peuvent entraîner une inflammation chronique de la muqueuse intestinale et favoriser ainsi la transformation des cellules normales en cellules cancéreuses.
Si les cancers ne sont en aucun cas contagieux, l’apparition de certains d’entre eux peut être favorisée par des agents infectieux transmissibles. C’est par exemple le cas de la majorité des cancers de l’estomac, déclenchés par l’infection par une bactérie nommée Helicobacter pylori. Elle agit en induisant une inflammation gastrique qui peut évoluer en ulcère, puis en cancer. Les données relatives aux effets de Bacteroides fragilis doivent encore être confirmées mais, si tel est le cas, cette bactérie pourrait bien être « l’Helicobacter pylori du côlon ».
Les chercheurs estiment que 20 à 35 % de la population est porteuse asymptomatique de Bacteroides fragilis. En parvenant à détecter ces individus et en mettant au point des traitements qui permettent de l’éradiquer, il pourrait être possible de prévenir de nombreux cancers du côlon.
Pour en savoir plus sur les cancers colorectaux
S. Wu et coll. « Nature Medicine », édition en ligne avancée
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Dernière mise à jour : 27-08-2009