C’est en conduisant le programme de recherche Karuprostate, une étude sur les facteurs génétiques et environnementaux associés à la survenue et l’évolution des cancers de la prostate aux Antilles, que l’équipe de chercheurs coordonnée par Luc Multigner et Pascal Blanchet a découvert le pot aux roses : un insecticide employé de 1973 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, le chlordécone, est associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate.
Le chlordécone est considéré comme un perturbateur endocrinien et il est classé « cancérogène possible pour l’homme » par l’Organisation mondiale de la santé. Sa présence persistant dans le sol, les eaux de rivière et les sédiments, son utilisation en agriculture conduit à la contamination des habitants via la consommation de diverses denrées alimentaires.
Luc Multigner, Pascal Blanchet et leurs collègues ont étudié l’effet de cette contamination sur le risque de développer un cancer de la prostate en s’intéressant à près de 1 500 hommes. La moitié venait de se voir diagnostiquer la maladie, l’autre moitié en était indemne. Leur exposition à l’insecticide a été mesurée au travers d’une analyse sanguine.
Les résultats obtenus indiquent qu’il existe bien une association entre la contamination par le chlordécone et une augmentation du risque de cancer de la prostate.
L’augmentation du risque est encore plus forte chez les hommes qui ont été exposés à l’insecticide et qui ont des antécédents familiaux de cancer prostatique, et/ou qui ont résidés en métropole ou dans un autre pays occidental. Cela suggère qu’il existe des composantes génétiques et comportementales qui sont susceptibles d’amplifier l’effet du chlordécone.
L’ARC a soutenu ces travaux au travers d’une subvention d’un montant de 50 000 euros.
« Journal of Clinical Oncology »
Pour en savoir plus sur les facteurs de risque de cancer de la prostate
Crédit photo : Zinneke
Dernière mise à jour : 02-07-2010