Une étude publiée le 8 septembre dernier dans la revue internationale Cancer, s’est intéressée à l’incidence d’une prise régulière d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et de paracétamol sur le dosage du taux de PSA. Le PSA est un antigène spécifique de la prostate. Son dosage dans le sang est un des examens utilisés pour le diagnostic des cancers de la prostate. Elevé, il peut indiquer une présence d’un cancer éventuel.
Les chercheurs se sont attachés à mettre en évidence le lien entre la consommation d’AINS ou de paracétamol et le taux de PSA. Leur travail a porté sur 1 319 hommes de plus de 40 ans. Que disent les résultats ? Chez les hommes consommant régulièrement des AINS, le taux de PSA est en moyenne inférieur de 10% par rapport aux hommes n’en faisant pas usage. Lorsqu’il s’agit de paracétamol, le taux est même inférieur de 24%, mais cette donnée, selon les auteurs, n’est toutefois pas exploitable d’un point de vue statistique, eu égard du nombre trop faible d’hommes concernés dans l’étude.
Quels enseignements en tirer ? Les auteurs émettent deux hypothèses : d’une part, il est possible que les AINS réduisent l’inflammation de la prostate et jouent donc un rôle protecteur contre le cancer. Mais, il est également possible que les AINS diminuent le taux de PSA sans agir directement sur l’évolution du cancer. Si la première hypothèse dégage une information intéressante dans la compréhension des mécanismes du cancer, la seconde est plus problématique. En effet, elle laisse entendre qu’une prise régulière d’AINS et de paracétamol, en provoquant une baisse du taux de PSA, pourrait masquer une élévation causée par une anomalie au niveau de la prostate. Ce qui, selon les auteurs, risquerait d’induire un sous-diagnostic des cancers de la prostate… Les auteurs, loin d’en dégager des certitudes, préfèrent souligner l’importance d’explorer cette piste en poursuivant les investigations.
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France. Avec plus de 62 000 nouveaux cas estimés en 2005, il représente près de 34% des cancers chez l’homme (données InVS). Pour davantage d’informations, l’ARC a édité une brochure téléchargeable sur ce site.
« Prostate-specific antigen levels in relation to consumption of nonsteroidal anti-inflammatory drugs and acetaminophen », Eric A. Singer et al., Cancer, vol. 113, n°8, edition en ligne datée du 8 septembre 2008.
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Dernière mise à jour : 10-09-2008