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Cancer de la prostate : les incertitudes du dépistage après 75 ans

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Le US Preventive Services Task Force recommande de ne plus procéder à des tests de dépistage routiniers du cancer de la prostate chez les hommes de plus de 75 ans.

C’est un débat récurrent ; il agite la communauté scientifique depuis de nombreuses années : le dépistage de masse du cancer de la prostate ne fait pas l’unanimité. Les mêmes interrogations existent quant au dépistage individuel.

Le débat repose, selon les spécialistes, sur le « surdiagnostic » et sur le fait qu’ « à ce jour, il n’est pas certain que le diagnostic précoce de cancer de la prostate, posé suite à un examen de routine du taux de PSA, contribue à diminuer le taux de mortalité par ce cancer » (Ligue suisse contre le cancer).

Pour s’en convaincre, on se reportera aux documents publiés par la Haute autorité de santé (HAS). Ainsi, dès 1998, elle écrivait : « les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander un dépistage de masse du cancer de la prostate » (HAS, Opportunité d’un dépistage de masse, 1998) ou plus récemment « le bénéfice en termes de réduction de mortalité globale d’un dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage du PSA sérique total n’est pas démontré. Les résultats des études portant sur le dépistage systématique ne permettent pas de conclure sur l’opportunité d’un dépistage individuel » (Cancer de prostate, recommandations, 2004).

Dans le même sens, l’American College of Preventive Medicine « ne recommande pas le dépistage de masse au moyen du toucher rectal et du dosage des PSA » (Screening For Prostate Cancer in American Men, Rebecca Ferrini, MD, MPH, Steven H. Woolf, MD, MPH).

Pour les partisans d’un dépistage de masse, la découverte du cancer à un stade précoce permet un meilleur traitement. L’Association française d’urologie (AFU) recommande ainsi « le dépistage du cancer de la prostate par un toucher rectal et un dosage de PSA annuels chez les hommes entre 50 et 75 ans et dès 45 ans s'il existe des facteurs de risque ».

Outre sa recommandation concernant les hommes de plus de 75 ans, L’« US Preventive Services Task Force » se prononce également sur un autre point en estimant que l’on ne dispose pas de preuves suffisantes pour établir le rapport bénéfices/risques d’un dépistage routinier du cancer de la prostate chez les hommes de moins de 75 ans.

Selon nos informations, la HAS attend les résultats de deux études actuellement en cours, pour savoir s’il y a une opportunité de mettre à jour ses recommandations.

Rappelons que les statistiques montrent que le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Avec plus de 62 000 cas nouveaux estimés en 2005, il représente, en France, 33,9% des cancers chez l’homme (source INVS).

Crédit photo : Sandra Nicol / iStockPhoto

Dernière mise à jour : 18-08-2008

 

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