Des chercheurs islandais ont peut-être découvert comment augmenter la fiabilité du dépistage des cancers de la prostate. Ce dépistage se fonde sur le dosage d’une protéine retrouvée dans le sang, le fameux PSA. Les travaux islandais montrent que la quantité de PSA à partir de laquelle il existe un risque de cancer prostatique varie en fonction de caractéristiques génétiques individuelles. Dresser le profil génétique des candidats au dépistage devrait permettre d’améliorer la spécificité du dépistage par dosage du PSA.
A l’heure actuelle, lorsque le taux de PSA retrouvé dans le sang d’un patient dépasse un seuil, on considère qu’il existe un risque qu’il soit porteur d’une tumeur prostatique. Dans ce cas, il est nécessaire de procéder à une biopsie pour en savoir plus. Or ce geste qui n’est pas totalement anodin conduit souvent à un résultat négatif : beaucoup de patients ont un taux de PSA élevé sans pour autant présenter une anomalie cancéreuse au niveau de leur prostate.
Pour améliorer les choses, les chercheurs islandais ont fait l’hypothèse suivante : tous les hommes ne produisent pas la même quantité de PSA lorsqu’ils sont en bonne santé et cette quantité dépend de caractéristiques génétiques. L’analyse du génome d’un grand nombre de volontaires a permis de vérifier cette théorie : des profils génétiques correspondant aux « petits producteurs » et aux « gros producteurs » de PSA ont pu être identifiés. Pour chacun de ces groupes, le seuil à partir duquel le taux de PSA est possiblement pathologique est différent.
L’équipe islandaise propose donc de coupler le dosage du PSA à un test génétique permettant de définir à quel groupe appartient le patient, et donc à partir de quel taux de PSA il est nécessaire de procéder à une biopsie.
Reste encore à mettre au point un tel test génétique, facile à mettre en œuvre et à un coût acceptable.
« Science Translational Medicine »
Pour en savoir plus sur le dépistage du cancer de la prostate
Crédit photo : iStockPhoto