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Où va la recherche en cancérologie ? (1/2)

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Traitements ciblés, médecine personnalisée : en l’espace de quelquesdécennies, les modalités de prise en charge des cancers ontprofondément évolué. La recherche a en effet permis la mise au point detraitements qui s’adaptent de plus en plus et de mieux en mieux aupatient et à sa maladie.

1/2 : Ciblage et personnalisation des traitements

Aujourd’hui en France, 52 % des patients atteints d’un cancer survivent plus de cinq ans à leur maladie. Ils n’étaient que 43 % en 1970, 39 % en 1960 et 20 % dans les années 20(1). La recherche en cancérologie a permis d’importants progrès thérapeutiques qui retentissent sur la vie des malades. Cependant, il reste encore beaucoup de zones d’ombre à éclaircir pour que les progrès se poursuivent. « Pour continuer à faire reculer la mortalité associée au cancer et découvrir de nouveaux traitements, il faut mieux comprendre comment cette maladie marche, comment elle naît et se développe » explique le Dr Jean-Marc Egly, directeur de recherche à l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire (Illkirch) et président du Conseil scientifique de l’ARC.

« Sortir de la préhistoire de la cancérologie »

Et cette recherche avance : « depuis quelques années, nous sommes vraiment passés d’une médecine empirique, qui progressait par tâtonnements, à une médecine raisonnée, capable de cibler vraiment les mécanismes de la cancérogenèse » constate le Dr Michel Cogné chef de service du laboratoire d'immunologie et d'immunogénétique du CHU de Limoges(2). « La recherche clinique est de plus en plus connectée à la recherche fondamentale. Le délai entre la compréhension d’un mécanisme fondamental et la mise en œuvre de stratégies permettant de manipuler ce mécanisme dans un but thérapeutique se raccourcit. La pharmacopée s’enrichit ainsi de nouvelles armes très efficaces, ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses » poursuit-il. « Nous sommes en train de sortir de la préhistoire de la cancérologie, époque où l’on tirait au canon sur une mouche, pour aboutir à des thérapies beaucoup plus sélectives et personnalisées » ajoute le Dr Jean-Luc Teillaud, directeur de recherche au Centre de recherches biomédicales des Cordeliers (Paris)(3).

Adapter les traitements

En décryptant la biologie des cellules cancéreuses, chercheurs et médecins sont en effet arrivés à la conclusion que chaque tumeur ou presque est différente, et que la meilleure méthode pour l’éliminer (ou au moins à stopper sa progression) est de s’attaquer à ses spécificités. « L’efficacité des molécules thérapeutiques dépend de caractéristiques biologiques propres au patient et à sa tumeur. Là où nous distinguions autrefois des cancers de tel ou tel organe, nous identifions maintenant de multiples cancers différents dans chaque organe. En conséquence, les traitements d’aujourd’hui sont de plus en plus souvent orientés par les caractéristiques moléculaires et cellulaires des tumeurs propres à chaque  tumeur, analysée individuellement » explique le Dr Eric Solary, directeur de recherche à l’Institut Gustave Roussy(4). « Cette personnalisation des traitements permet d’offrir de meilleures chances au patient. Elle permet aussi de lui épargner des traitements agressifs et coûteux qui ne fonctionneront pas chez lui ».

Du concept à la pratique, il y a encore beaucoup de travail à accomplir et chaque patient ne peut pas encore obtenir un traitement parfaitement adapté à son cas. « Il est essentiel de continuer à démembrer les tumeurs et à réaliser une classification de plus en plus fine des malades dans des groupes pouvant chacun bénéficier de la thérapeutique la plus adaptée. Chaque type de cancer doit être compris jusque dans ses mécanismes profonds afin de lui opposer une thérapeutique exactement adaptée » conclut le Dr Cogné.

Le mois prochain, « Où va la recherche en cancérologie ? » 2/2 : succès et espoirs

1 : « Le journal du CNRS », novembre 2009, n°238, p. 20

2 : Michel Cogné est président de la commission nationale scientifique de l’ARC « Immunologie, microbiologie, hématopoïèse »

3 : Jean-Luc Teillaud est  vice président de la commission nationale scientifique de l’ARC « Innovation diagnostiques et thérapeutiques, épidémiologie, recherche en prévention »

4 : Eric Solary est président de la commission nationale scientifique de l’ARC « Signalisation et métabolisme cellulaire, cibles thérapeutiques et pharmacologie »

Crédit photo : iStockPhoto

Dernière mise à jour : 16-12-2009

 

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