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Le sport : un atout contre le cancer ?

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Existe-t-il un lien entre sport et cancer ? Quel type d’activité physique pratiquer ? Avec quelle régularité ? Et si l’on est malade ? Mme Lucie Galice, directrice déléguée du Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer (FMRC), expert de la prévention du cancer, répond à nos questions.

L'ARC : Existe-t-il un lien entre activité physique et cancer ? Et si oui, en quoi une activité physique peut-elle diminuer le risque de développer un cancer ?

Lucie Galice : Oui, il existe un lien entre activité physique et cancer. Le rapport d’experts scientifiques (Food, Nutrition, Physical Activity, and the Prevention of Cancer: a Global Perspective) publié en 2007 par le réseau du World Cancer Research Fund, dont le FMRC fait partie, est la référence dans le domaine du mode de vie et de la prévention du cancer. Ce rapport montre qu’il existe des preuves convaincantes que l’activité physique a une influence sur le cancer du côlon-rectum et des preuves probables sur celui du sein (après la ménopause) et de l’endomètre. En outre, l’activité physique protège du surpoids, de la prise de poids et de l’obésité, et donc également des cancers pour lesquels les risques sont augmentés par ces facteurs.

Des recherches ont identifié les effets biologiques de l’activité physique qui semblent jouer un rôle en matière de prévention du cancer :

la stimulation du système immunitaire : des études ont montré que l’activité physique augmente les capacités des cellules à se défendre plus facilement ;
la facilitation du transit intestinal : l’activité physique réduit l'exposition des cellules dans l’intestin à des substances potentiellement cancérigènes, réduisant donc probablement le risque de cancer colorectal ;
et la réduction de la corpulence : un excès de graisse autour de la taille peut agir comme une « pompe à hormones » et augmenter le niveau d’œstrogènes et d’autres substances dans le sang, ce qui augmente alors le risque de cancer. Etre en surpoids cause également des inflammations dans le métabolisme, ce qui est un autre risque de cancer.

Si le lien entre activité physique et cancer est clairement identifié, les scientifiques étudient encore comment fonctionne cette connexion.

L'ARC : Quels types d’activité peut-on exercer dans le cadre d’une bonne hygiène de vie ? Faut-il nécessairement pratiquer un sport ? Et si oui, avec quelle régularité ?

Lucie Galice : Toujours suivant le rapport d’experts scientifiques, en matière de prévention du cancer, il est recommandé de pratiquer une activité physique régulière. Par activité physique, nous entendons toute activité suffisamment vigoureuse pour augmenter la fréquence cardiaque. Il n’est donc pas nécessaire de pratiquer un sport, l’essentiel, c’est de bouger ! Marcher pour faire les courses, balayer la salle à manger, prendre les escaliers plutôt que l’ascenseur ainsi que les sports individuels comptent tous comme une activité physique. Aussi, nous recommandons :

de pratiquer une activité physique modérée 30 minutes par jour ;
comme la condition physique s’améliore, viser 60 minutes ou plus par jour d’activité physique modérée ou 30 minutes ou plus par jour d’activité physique vigoureuse ;
enfin, limiter la sédentarité au maximum (comme regarder la télévision par exemple).

Le plus important, c’est d’être actif à long terme.

L'ARC : Comment ?

Lucie Galice : L’idéal, c’est d’inclure à long terme plusieurs activités physiques fractionnées dans la journée. Et bien sûr de prendre du plaisir à bouger ! Nous pouvons citer quelques exemples :

pour une activité physique modérée, on peut passer l’aspirateur, marcher rapidement, faire du golf, nager, tondre la pelouse, jouer au tennis en double, faire du vélo sur terrain plat ou vallonné, passer la serpillière, laver les vitres, pratiquer la musculation avec des poids légers, etc. ;
pour une activité physique vigoureuse, on peut faire de la course à pied, nager plusieurs longueurs, jouer au tennis en simple, faire de la course en vélo ou du VTT, se muscler avec des poids lourds, etc.

L'ARC : Y-a-t’il des activités à conseiller plus spécifiquement à une personne atteinte d’un cancer ?

Avant tout, le FMRC rappelle que toute personne diagnostiquée d’un cancer (en rémission ou en traitement) doit suivre les indications des professionnels de la santé qui la suivent. Il n’est pas préconisé de pratiquer une activité physique pendant les traitements. En revanche, une fois les traitements terminés, le FMRC conseille de suivre les recommandations énoncées plus haut (sauf avis contraire des médecins traitants) en se rappelant de toujours commencer doucement et progressivement. En général, l’ensemble des cancérologues est d’accord pour dire que l’activité physique aide indéniablement au rétablissement.

Un nombre croissant d’études démontre que la pratique régulière d’une activité physique aide les personnes diagnostiquées d’un cancer en rémission à se sentir moins fatiguées. La majorité s’est concentrée sur le cancer du sein, mais de plus récentes s’étendent aux autres cancers (notamment celui de la prostate et de l’intestin). Les recommandations s’appliquent à tout type d’activité physique car pour le moment, il n’existe pas de preuves qu’une activité est meilleure qu’une autre. D’une façon générale, l’activité physique a un impact positif sur le moral et apporte un bien-être qui est bénéfique à chacun.

Pour plus d’informations sur le lien entre le mode de vie et le cancer, vous pouvez consulter le site Internet du FMRC.

Crédit photo : iStockPhoto

Dernière mise à jour : 23-12-2008

 

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