Chaque année en France, près de 1 700 enfants et 700 adolescents apprennent qu’ils ont un cancer. En 30 ans, la prise en charge de la plupart de ces jeunes patients s’est considérablement améliorée et leur taux de guérison est passé d’à peine 20 % dans les années 80 à plus de 75 % aujourd’hui. Le cancer n’en demeure pas moins la deuxième cause de mortalité chez les enfants âgés de 1 à 14 ans et la troisième cause chez les 15-18 ans. De plus, au-delà de leurs effets secondaires à court terme, certains des traitements aujourd’hui disponibles en oncopédiatrie augmentent le risque de développer diverses pathologies à l’âge adulte (second cancer, pathologies cardiovasculaires…). Des progrès importants restent donc à accomplir.
Des cancers pas comme les autres. Les avancées thérapeutiques réalisées au cours des dernières décennies tiennent largement aux recherches qui ont permis de mieux comprendre et classifier les cancers de l’enfant et de l’adolescent. Ils sont aussi liés à une spécificité partagée par la majorité d’entre eux : les tumeurs pédiatriques sont remarquablement sensibles aux médicaments de chimiothérapie. Les progrès réalisés dans l’art de manier les nombreuses molécules aujourd’hui disponibles ont beaucoup contribué à l’amélioration de la prise en charge des cancers pédiatriques.
Les recherches en cours aujourd’hui visent à augmenter encore les taux de guérison, notamment grâce au développement de nouvelles thérapies ciblées, spécifiquement destinées aux pathologies qui touchent les enfants et les adolescents.
Guérir mieux. Par ailleurs, plusieurs approches visant à diminuer les effets secondaires des traitements existants sont étudiées. L’une d’elles consiste à identifier des moyens de prédire l’agressivité des tumeurs pédiatriques. Il sera ainsi possible d’épargner certains traitements aux enfants qui n’en ont pas besoin, de diminuer les doses de médicaments ou de radiothérapie qu’ils doivent recevoir et, parfois même, de faire l’impasse sur certaines interventions chirurgicales. La mise au point de traitements (médicaments ou radiothérapie) épargnant davantage les tissus sains, ou de protocoles qui permettent de protéger ces tissus pendant le traitement est une autre stratégie : l’idée est non seulement de préserver au maximum le confort des jeunes patients, mais aussi de prévenir les complications que peuvent engendrer les thérapies antitumorales à plus ou moins long terme.
La douleur associée aux traitements, les troubles alimentaires ainsi que les problèmes sociaux et psychologiques sont également pris en compte grâce à ce que l’on nomme les « soins de support ». Améliorer la qualité de vie des enfants et des adolescents pendant les traitements, c’est aussi une manière de les aider à lutter contre la maladie.
Au cours des cinq dernières années, l’ARC a financé 208 projets de recherche relatifs aux cancers pédiatriques (dont 71 financement en cours), pour un montant total de 8,5 M€.
Pour en savoir plus sur les cancers pédiatriques
Voir aussi le portrait de Jean Michon, chercheur sur les cancers de l'enfant
Crédit photo : Burger Phanie
Dernière mise à jour : 20-12-2010