Le cancer, une maladie génétique mais pas obligatoirement héréditaire… Pour le non-spécialiste, cette notion peut engendrer la confusion. Comment une maladie génétique peut-elle ne pas être héréditaire ? Et, concrètement, que cela signifie-t-il pour une personne dont l’un des parents a été atteint par la maladie ? Une petite explication s’impose.
La prédisposition génétique au cancerTous les cancers sont liés à la dysfonction de gènes. Les cellules tumorales résultent en effet de la transformation progressive du patrimoine génétique d’une cellule normale : des anomalies (ou « mutations ») s’y accumulent au fil du temps et finissent par rendre la cellule cancéreuse. Ces altérations génétiques peuvent avoir des causes diverses : l'âge, les radiations, les agents chimiques, l'alimentation, l’alcool, la fumée du tabac… Mais parfois, une mutation impliquée dans le développement des tumeurs est présente dans toutes les cellules d’un individu, dès sa naissance. Dans cette situation, une étape du processus tumoral est franchie d’entrée et le risque de cancer est plus élevé. On parle alors de « prédisposition génétique » au cancer, un facteur de risque presque toujours héréditaire : la mutation impliquée dans ce type de prédisposition correspond vraisemblablement à un héritage familial, transmis par un des deux parents. Mais, attention ! Etre porteur d’une prédisposition génétique au cancer ne signifie pas qu’on développera obligatoirement la maladie : en revanche, hériter d’une telle mutation va en augmenter le risque.
Les cancers pour lesquels l’existence d’une prédisposition génétique héréditaire est bien établie sont les cancers du sein et de l’ovaire (dont 5 à10 % sont d’origine héréditaire), les cancers colorectaux (3 % sont d’origine héréditaire), les cancers de la prostate (10 % des cas), les mélanomes (10 %) ou encore des cancers plus rares comme les rétinoblastomes (cancers de la rétine) ou les tumeurs de Wilms (une forme rare du cancer du rein). La transmission héréditaire d’anomalies génétiques est également impliquée dans la survenue de maladies qui ne sont pas tumorales, mais qui peuvent évoluer vers un cancer (polypose colique familiale pouvant évoluer en cancer colorectal, ataxie télangiectasie qui augmente le risque de cancer du cerveau, de leucémie…).
Plus de trois cas de cancer de même localisation dans une branche familiale, plusieurs cas de cancer découverts à un âge précoce ou encore une parente atteinte d’un cancer du sein bilatéral ou multifocal ? Si votre histoire familiale suggère l’existence d’un risque héréditaire de cancer, parlez-en à votre médecin traitant. S’il le juge utile, il vous orientera vers une consultation d’oncogénétique. Les oncogénéticiens sont des médecins spécialistes du cancer et de la génétique. Ils sont les plus à même d’évaluer l’importance de votre risque familial et de vous conseiller une prise en charge adaptée.
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Dernière mise à jour : 17-09-2010