A-t-on une alimentation correctement équilibrée aujourd’hui en France ? La notion d’équilibre alimentaire n’est pas simple car il n’y a pas une règle normative à respecter mais plutôt des repères à atteindre en conciliant plaisir et bénéfices pour la santé. On peut cependant noter que la consommation moyenne de fruits et légumes en France est en dessous des recommandations, en particulier chez les personnes de faible statut socio-économique et de faibles revenus.
Depuis près de 40 ans, de très nombreux travaux ont cherché à identifier et à préciser le rôle de certains facteurs nutritionnels susceptibles d’intervenir en tant que facteurs de risque, ou au contraire de protection, dans le développement des cancers. Il s’agit de travaux sur modèles cellulaires ou animaux, mais aussi chez l’homme sain ou malade, ou bien à l’échelle des populations.
Le rapport du World Cancer Research Fund (WCRF) et de l’American Institute for Cancer Research (AICR) publié fin 2007 est un document de référence qui fait le point des connaissances dans le domaine des relations entre nutrition et cancer. Ces relations ont été qualifiées selon des niveaux de preuve définis comme « convaincants », « probables », « limités » ou « non concluants ». Ainsi, il existe des facteurs identifiés comme augmentant le risque de cancers. La relation a été jugée convaincante ou probable pour les boissons alcoolisées quel que soit le type d’alcool (vin, bière, spiritueux…). Leur consommation augmente le risque de plusieurs cancers (bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum, sein et foie). Il n’existe pas de dose sans effet et l’effet dépend de la quantité totale consommée. Pour les viandes rouges (bœuf, porc, mouton et cheval) et les charcuteries, le risque de cancer colorectal est connu. De même, le sel et les aliments salés augmentent le risque de cancer de l’estomac. Enfin, en cas de surpoids et d’obésité, le risque est augmenté pour le cancer de l’œsophage, de l’endomètre, du rein, du côlon-rectum, du pancréas, de la vésicule biliaire et du sein après la ménopause.
Oui, il existe des facteurs identifiés comme diminuant le risque de cancers, avec une relation jugée comme convaincante ou probable. L’activité physique, par exemple, dans la diminution du risque de cancer du côlon, du sein (après la ménopause) et de l’endomètre. Enfin, les fruits et légumes dans la réduction du risque de plusieurs cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, estomac et poumon.
La mise en place aux Etats-Unis du programme « 5 A Day for Better Health » par le NCI (National Cancer Institute) en 1991, a fait du repère de consommation « au moins 5 fruits et légumes par jour » un objectif de santé publique largement diffusé. La recommandation de consommer au moins 5 portions (servings) de fruits et légumes par jour est cependant beaucoup plus ancienne, puisqu’elle apparaît déjà dans le guide alimentaire de l’USDA (US Department of Agriculture) de 1916.
Les recommandations de l’OMS sont exprimées en termes de quantité : elles mettent en avant le repère d’au moins 400 g de fruits et légumes par jour, comme minimum de consommation souhaitable. Le repère de consommation du Programme National Nutrition Santé (PNSS), « au moins 5 fruits et légumes par jour » retient la fréquence de consommation dans ses recommandations. La consommation est plus proche des recommandations lorsqu’elle est mesurée en quantités que lorsqu’elle est évaluée en portions ou en fréquences de consommation. Mais, le repère en fréquence facilite cependant la diffusion des recommandations nutritionnelles.
Dans le rapport du WCRF et de l’AICR cité plus haut, la recommandation pour les personnes atteintes d’un cancer est de suivre les mêmes recommandations que celles de prévention primaire du cancer adressées à la population générale en termes d’alimentation, de poids optimal et d’activité physique. Elles ne peuvent pas être applicables dans certains cas particuliers, lorsque la fonction gastro-intestinale est perturbée par le traitement par exemple. En 2009, un projet à l’Institut National du Cancer (INCa) sera d’apporter des éléments de réponse à cette question.
C’est un fait que les achats des produits alimentaires sont conditionnés notamment par le prix. Il existe quelques astuces et principes de base pour faire des repas à petits prix, tout en ayant de bonnes habitudes alimentaires et en se faisant plaisir :
Depuis cette date, de nombreuses études et de nouveaux rapports d’expertise collective sont parus. Les connaissances, en termes d’alimentation et de prévention nutritionnelle des pathologies ont donc évolué. Une actualisation de ce programme semble en effet nécessaire. Ainsi, l’INCa a décidé de mettre à jour la brochure publiée en 2003 intitulée « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ».
Voir le site www.mangerbouger.fr du Programme National Nutrition Santé.
Crédit photo : iStockPhoto/Liza McCorkle
Dernière mise à jour : 06-11-2008