Avec un taux de survie à cinq ans après le diagnostic de 83 % et un taux de guérison estimé à 73 %*, le cancer du sein fait partie des cancers dont l’efficacité de la prise en charge ne cesse de progresser. En France, le dépistage précoce de la maladie et les progrès thérapeutiques permettent d’observer une diminution de la mortalité de 1,3 % par an depuis 2000.
Toutefois, ces bonnes nouvelles ne doivent pas faire perdre de vue que le cancer du sein reste le cancer féminin le plus meurtrier : cette année, on estime que 11 500 patientes décéderont des suites de leur maladie. C’est la raison pour laquelle la recherche thérapeutique ne doit pas faiblir. La mise au point de nouveaux traitements, destinés aux patientes dont les tumeurs répondent mal aux thérapies actuellement disponibles, est absolument nécessaire !
De très nombreuses équipes de recherche ont choisi d’aborder le problème en s’intéressant aux mécanismes qui conduisent à la formation de tumeurs secondaires. Il faut en effet savoir que, neuf fois sur dix, les décès associés à un cancer sont liés à la formation de métastases. En comprenant comment la maladie parvient à se disséminer dans l’organisme des personnes atteintes, les chercheurs pourront développer des stratégies thérapeutiques visant à bloquer ce processus.
D’autres scientifiques ont choisi de s’attaquer aux problèmes des tumeurs dites « triples négatives ». Ces cancers mammaires sont ainsi nommés car les cellules qui les composent ne répondent ni aux hormonothérapies ciblant les récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone, ni aux médicaments ciblant le biomarqueur HER2. Or ces trois familles de médicaments sont les plus efficaces parmi celles utilisées contre les cancers du sein. De nombreux travaux de recherche visent à découvrir des biomarqueurs spécifiques de ces tumeurs de mauvais pronostic. L’idée est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques qui permettront le développement de nouvelles familles de médicament.
Un troisième axe de recherche important consiste à étudier le phénomène de la résistance aux traitements : la majorité des cancers du sein devraient théoriquement répondre à des traitements médicamenteux existants. Mais dans la pratique, ces traitements ne sont pas efficaces chez 30 à 40 % des patientes. De plus, chez 40 à 50 % des patientes chez lesquelles les médicaments sont initialement efficaces, la tumeur finit par devenir résistante aux traitements. Comprendre ce phénomène est nécessaire à la mise au point de solutions qui permettront de contrer la résistance aux traitements.
L’ARC finance des projets de recherche se rapportant à chacun de ces trois axes. Ainsi, l’Association soutient les travaux de l’équipe du Dr Gwendal Lazennec (Hôpital Saint-Eloi de Montpellier). Le Dr Lazennec et ses collaborateurs ont identifié une molécule impliquée dans la capacité des cellules de cancer du sein à former des métastases. Leurs travaux pourraient conduire au développement de médicaments visant à bloquer l’action de cette molécule et, ainsi, à prévenir la formation des tumeurs secondaires (pour en savoir plus sur ce projet de recherche ).
L’Association soutient aussi des travaux portant sur les cancers triples négatifs, comme ceux conduits par le Dr Serge Roche et son équipe (Centre de recherche en biochimie macromoléculaire, Montpellier). Les chercheurs ont découvert que ces cancers pourraient répondre à des médicaments actuellement utilisés pour traiter les leucémies myéloïdes chroniques. Cette hypothèse porteuse d’espoir est en cours de validation (pour en savoir plus sur ce projet de recherche ).
Concernant les résistances au traitement, l’ARC finance notamment les travaux de l’équipe du Pr Pascal Cohen (Faculté de pharmacie de Lyon). Ces scientifiques s’intéressent à la résistance à deux médicaments couramment utilisés dans le traitement du cancer du sein hormonodépendant, le tamoxifène et le fulvestrant. Les chercheurs ont identifié des molécules qui pourraient permettre de venir à bout du phénomène (pour en savoir plus sur ce projet de recherche ).
Pour en savoir plus sur l’ARC et la recherche sur le cancer du sein
* Etude Eurocare 4
Dernière mise à jour : 19-10-2010