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Cancer colorectal : vers un dépistage encore plus performant

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Chaque année le test Hemoccult sauve des vies en permettant la découverte de tumeurs colorectales de stade précoce, des tumeurs qu’il est possible de traiter dans plus de 9 cas sur 10. Mais pour aller encore plus loin, la France devrait prochainement faire évoluer son dispositif de dépistage organisé, en utilisant des tests encore plus sensibles et plus simples à réaliser.

« Le dépistage du cancer colorectal, ça marche! » martèle le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Institut national du cancer (INCa). Généralisé à l’ensemble du territoire français depuis 2008, le dépistage organisé des tumeurs du côlon et du rectum a en effet déjà permis de sauver des milliers de vie (voir encadré).

Ce dispositif, s’adressant à toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans, passe par la recherche de traces de sang, invisibles à l’œil nu, présentes dans les selles. De tels saignements ont en effet de fortes probabilités de provenir d’un polype ou d’une tumeur maligne logée dans la paroi de l’intestin ou du rectum. Dans la plupart des cas, ces lésions sont de stade précoce et peuvent être traitées avec succès, sans chirurgie mutilante.

Aujourd’hui, pour mettre en évidence ces saignements, on utilise un test chimique : le fameux test Hemoccult. Ce test a démontré son efficacité. Il est établi que si 50 % de la population concernée utilisaient ce test tous les deux ans, la mortalité associée aux cancers colorectaux pourrait diminuer de 15 à 20 %. Toutefois, ce test ne détecte pas 100 % des personnes porteuses d’une tumeur colorectale ou d’une lésion précancéreuse.

Des tests immunologiques, plus sensibles.

Aussi, les autorités françaises étudient depuis plusieurs années la possibilité de faire évoluer ce dispositif. « L’idée est de remplacer Hemoccult par un test plus sensible, se fondant sur l’utilisation d’anticorps qui reconnaissent l’hémoglobine humaine » explique le Pr Maraninchi. Plusieurs tests de ce type, dits « immunologiques » ont été développés. « Mais avant de les utiliser à grande échelle dans le cadre du dépistage organisé, il fallait vérifier leur efficacité ».

Pour ce faire, les habitants de plusieurs régions françaises ont été mis à contribution au cours des dernières années. Dans sept départements, les personnes participants au dépistage organisé du cancer colorectal ont réalisé deux tests en parallèle : le test Hemoccult et l’un des trois tests immunologiques les plus prometteurs. A chaque fois, on a comparé les deux approches.

« Les résultats définitifs de ces études ne sont pas encore disponibles » précise Jérôme Viguier, responsable du département dépistage à l’INCa. Néanmoins, l’analyse préliminaire des données déjà collectées est sans appel : « les tests immunologiques semblent permettre de détecter deux à trois fois plus de cancers et trois à quatre fois plus de polypes ».

Par ailleurs, ce test est un peu plus simple à réaliser que le test Hemoccult : alors qu’avec le test chimique il est nécessaire de réaliser six prélèvements (deux prélèvements sur trois selles consécutives), un ou deux échantillons de selles pourraient suffire à la réalisation des tests immunologiques. Cet avantage pourrait conduire à une plus grande adhésion de la population au dépistage organisé.

« Les tests immunologiques pourraient se substituer au test Hemoccult d’ici deux ans » annonce Jérôme Viguier, « ce changement, progressif, est d’ailleurs inscrit au calendrier du Plan Cancer 2 ». Ce délai est nécessaire à la réalisation d’ultimes évaluations scientifiques, mais aussi à celle de réglages logistiques (concernant notamment les modalités d’acheminement de ces tests jusqu’aux laboratoires d’analyses, par La Poste).

Vers des tests sanguins.

Pour aller encore plus loin, simplifier encore la détection précoce des lésions cancéreuses et précancéreuses de l’intestin et sauver toujours plus de vie, les chercheurs travaillent aujourd’hui à la mise au point d’autres tests, qui ne passeraient plus par l’analyse des selles. « Une étude a d’ores et déjà démarré dans trois départements français : elle vise à l’identification de protéines présentes dans le sang, qui indiqueraient l’existence d’un polype ou d’une tumeur colorectale maligne » explique Jérôme Viguier. Evidement, de longues années de recherche et d’évaluation seront nécessaires au développement de cette nouvelle stratégie.

D’ici là, dès 50 ans, n’hésitez pas à participer au dépistage passant par l’analyse des selles. Ce test -qu’il soit chimique ou immunologique - est fiable, gratuit, simple à réaliser, et il peut vous sauver la vie.

Pour en savoir plus sur le cancer colorectal et son dépistage organisé

Le dépistage organisé du cancer colorectal : une efficacité démontrée. L’Institut national de veille sanitaire (InVS) a notamment pour mission d’évaluer l’efficacité des dépistages organisés. Concernant celui du cancer colorectal, sa dernière évaluation se fonde sur  les données collectées jusqu’à 2007, dans les 22 départements pilotes qui ont testé le dispositif avant qu’il soit étendu à l’ensemble du territoire français. Cette évaluation montre que : 42 % de la population ciblée a participé au dépistage (47% des femmes, 40% des hommes) ; 2,7% des tests étaient positifs (sang détecté dans les selles) ; un ou plusieurs polypes ont ainsi été diagnostiqués chez 10 884 personnes (soit 7,5 pour 1 000 dépistés) ; un cancer a été diagnostiqué chez 3 289 personnes (soit 2,2 pour 1 000 dépistés)

Crédit photo : Inca

Dernière mise à jour : 16-03-2010

 

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